Cette cérémonie veut exister pour rappeler la place difficile, voire « inexistante », des jeunes scénaristes dans le cinéma français. Tous s’entendent pour reconnaître qu’il faut rompre l’isolement de l’auteur, l’aider à rester informé, qu’il obtienne la juste rétribution de son travail, qu’il puisse vivre de son métier afin de poursuivre sa carrière… La transmission du savoir est également vitale pour l’avenir du métier et donc les réseaux créés par les associations sont essentiels.
Pour se jouer de l’ironie de cette situation,
Séquences 7 a décidé de récompenser
« celui qui aide les jeunes auteurs car il est soit un visionnaire, soit un schmuck mais dans les deux cas, l’avenir lui donnera raison » ainsi que le formule Frédéric Davoust, coprésident de l’association.
Gabriele Brennen, qui a réalisé
« L’écrivain », court-métrage produit dans le cadre des ateliers vidéo de Séquences 7 et primé dans de nombreux festivals, accueille la toute jeune cérémonie à la
Péniche Cinéma, lieu de rencontres des professionnels où se déroule toute l’année des ateliers, des projections, des stages de réalisation…
Le schmuck est né d’une citation de Jack Warner :
« An actor is a schmuck, a screenwriter is a schmuck with underwood ». Rendre hommage avec humour à ceux qui contribuent à permettre un avenir aux jeunes scénaristes et réalisateurs, qui sont attentifs à ceux qui incarneront le cinéma et l’audiovisuel de demain, c’est l’objet de cette première cérémonie. Dans son discours d’ouverture, Frédéric Davoust, remercie tout d’abord tous ceux qui ont participé à l’élaboration de cette soirée, entre autres, le créateur de la statuette, Dominique Robert et sa femme, ainsi que tous les partenaires :
Kino Rezo,
Le Collectif Prod et
l’UGS.
Cette année, 7 lauréats ont été récompensés pour leurs démarches et actions, visant la promotion et la valorisation de la profession, pour leur attention portée aux jeunes auteurs et réalisateurs et pour leur soutien à Séquences 7. La sélection des candidats pour l’obtention du prix, fut difficile car de nombreux professionnels contribuent, heureusement, à améliorer la situation et les conditions de travail de ces artistes. Pour commencer la soirée, Frédéric Davoust lance le court-métrage, réalisé par la benjamine de l’association, Zoé Cauwet : « Une rencontre » a été salué par le public à la mesure de son jeune talent.
Le premier Schmuck a été remis à François Barat, récompensé pour ses nombreuses initiatives de soutien aux jeunes scénaristes. Auteur, réalisateur, scénariste, délégué général du
GREC, il est aussi à l’initiative du Céci (Centre des écritures cinématographique). Son travail au sein du GREC à développer la mise en place d’ateliers d’écriture, permet à de jeunes artistes de faire leurs armes dans la profession. «
Viande de ta mère », premier court-métrage de Laurent Sénéchal récompensé dans de nombreux festivals, a été projeté.
C’est au cours de la manifestation « tables rondes autour du scénario » que la seconde candidate a été choisie. Stéphanie Duvivier a partagé avec ses collègues, son expérience « parcours du combattant » et ses difficultés à monter son premier long-métrage. Elle a expliqué comment avec beaucoup de volonté et de détermination on peut réussir à obtenir un salaire décent. Après avoir soumis son synopsis de quelques pages à plusieurs producteurs, elle a finalement rencontré celui qui a décidé de lui faire confiance. Elle a ainsi pu bénéficier de la juste rétribution de son travail.
La rencontre de Jean-François Halin au Festival de Lille, a déterminé le choix pour la troisième statuette. Malheureusement absent lors de cette soirée, pour cause « de problème technique », il nous a laissé son message personnel : « Je trouve l'idée non seulement rigolote, mais aussi salutaire : on ne parlera jamais assez des scénaristes, de ceux qui les encouragent. Et on ne moquera, gentiment, jamais assez ceux qui les ignorent ou les négligent. C'est ma fierté que d'être un Schmuck, j'espère mériter longtemps ce surnom ».
Valérie Ganne, journaliste de formation, dirige depuis plusieurs années au Festival de Bourges, le marathon d’écriture, exclusivement consacré aux scénarios et aux scénaristes. Sa grande implication auprès des jeunes auteurs, le lien qu’elle représente entre eux et la profession, l’aide qu’elle leur apporte l’a élue comme lauréate de la quatrième statuette. Dans son discours de remerciements, elle préconise de ne pas perdre de vue la loi des R : « rétribué, reconnu, récompensé ».
Un Schmuck « œdipien » a été remis à Frédéric Krivine, pionnier de la défense des auteurs, pour sa grande générosité et son énorme talent. Scénariste, coprésident de l’UGS de 2003 à 2007, créateur de PJ et d’Un Village Français et actuellement Directeur de la Publication du site web de Scénaristes Magazine, il a soutenu l’association Séquences 7 dès son arrivée à la présidence de l’UGS.
Michèle Borghi, monteuse et directrice des études à l’école Louis Lumière, a été récompensée pour son ouverture dans la recherche d’orientations nouvelles au Festival de Bourges, et son pari sur l’avenir, d’une collaboration plus importante entre scénaristes et techniciens.
Enfin, Karin Sitbon et Bruno Lefèvre (Utopie Films) ont reçu la septième et dernière statuette pour deux raisons.
- l’effort qu’ils fournissent de répondre au mieux à la question lancinante de tous ceux qui écrivent : « comment trouver un producteur qui nous lise vraiment et nous fasse un retour constructif ? ».
- le droit et la possibilité qu’accorde cette jeune société de production au scénariste de faire ses classes dans le court-métrage sans devenir obligatoirement réalisateur.
Pour clôturer la soirée, le président lance « Reflux », court-métrage réalisé par Pauline Goasmat, produit par Utopie Film, et scénarisé par Nicolas Verpilleux.
Le rendez-vous est pris pour l’année prochaine. Objectif : toujours mettre en avant les jeunes auteurs, et les « Schmucks » qui les soutiennent et les encouragent…