écrit le 16/10/2009 à 19:00
par Christelle Dupays

FESTIVAL - Les pieds dans le Paf !

Réactions en série au débat d’ouverture de SenS. Alors, le Paf se rebiffe ?

- 44 % j’hallucine !
Jean-André Yerlès : Aujourd'hui avec cette baisse annoncée des investissements des chaînes dans la fiction française, on débouche quand même sur un phénomène de précarité des scénaristes. Concrètement on est dans une crise grave. On a l’impression d’un artisanat qui veut être une industrie mais qui n’arrive pas à trouver les bonnes pratiques. L’un des gros problèmes est que les chaînes débordent de leur rôle classique de diffuseurs pour empiéter sur celui de producteur.
 
En finir ?
Christine Miller : Mon sentiment c’est qu’on est dans une forme de consensus. On a atteint les limites de toujours vouloir séduire un large public. Il faut en finir avec cette idée. Sans compter que la précarité générale entraîne la peur. Et que la peur est la pire conseillère en matière de fiction.
 
Déception et dégoût
Eric Kristy : Le problème c’est que cette dernière année la fiction française a créé déception et dégoût envers le public. On est dépassé par la fiction américaine. Et même si on sent dans les spectateurs une envie d’aimer les séries françaises, une attente, la déception arrive devant le produit que nous proposons. Il faut aussi savoir se remettre en cause !
 
Mea culpa ?
Elie-G. Abécéra : C’est les gens des chaînes qu’il faudrait secouer. Dix ans que j’ai envie d’écrire la série différente. Mais ce n’est pas ce qu’on me demande ! Il y en a marre de faire notre mea culpa. C’est nous la force vive de ce métier. Si on arrête de réfléchir il n’y a plus rien. Peut-être qu’avec le temps on réussira à réunir nos désirs avec les diffuseurs. Fondamentalement ils ne sont pas si éloignés.
 
Y’a t’il un diffuseur dans la salle ?
Nicole Jamet : Le problème c’est que les diffuseurs veulent bien venir, mais sans intervenir. Et encore ! À France Télévision, Alain Duhamel qui veut tellement dialoguer avec les auteurs n’a même pas fait l’honneur d’une réponse à notre invitation. Deux chargés de programmes sont tout de même présents. Comme pour TF1.
Avec M6 on est fâché. Quant à Canal, cette année, ils ont choisi La Rochelle. La lueur d’espoir, elle vient d’ARTE. Qui est exemplaire de fidélité et de curiosité vis-à-vis des auteurs.
Et peu à peu avec l’arrivée d’Orange, de TF6 et de Série Club sur le festival, on se dit qu’il va falloir oublier les chaînes historiques.
 
Que la force soit avec toi
Christine Miller : L’absence de diffuseur ne doit pas nous empêcher d’être une force de propositions. La créativité est entre nos mains. À nous d’envisager une nouvelle organisation du métier et du rôle de chacun.
 
Bis repetita
Anne Valton : On a l’impression que l’on répète la même chose depuis des années. Dire que nous devons avoir accès à la formation continue c’est bien, mais il faut que nos interlocuteurs eux aussi soient formés. Dans les chaînes, la plupart ne savent pas lire un scénario !
 
Trois petits tours et puis s’en vont !
Didier Cohen : Le problème c’est qu’il est difficile de fidéliser un public avec des séries qui comptent 6 épisodes par saison. Qui plus est si les diffuseurs les programment par deux. Soit une saison complète diffusée en 3 semaines, alors que les Américains proposent des séries avec 20 épisodes minimums.
 
Comment ça marche un programmateur ?
Nicole Jamet : Pour les comprendre il faudrait déjà que l'on ait la chance d'en voir ! On a l’impression que c’est une bête noire empaillée dans un coin. Des années qu’on en invite, jamais un seul n’est venu ! Mais on sent que c’est une question qui pose un vrai problème aux diffuseurs.

Dans l’ordre… où le désordre…
Claude de Givray : A TF1, même Takis n’a pas réussi à dompter « le programmateur » et son égoïsme sacré à ne pas vouloir de série feuilletonnante afin de pouvoir les rediffuser à sa guise.
 
Comme là-bas !
Christine Miller : On a globalement l’impression que les chaînes ne tirent pas les conclusions du succès des séries américaines et du feuilletonnant justement. D’autant que les épisodes de séries américaines, feuilletonant ou non, les chaînes les rediffusent bien ! Sans compter le côté aseptisé que les diffuseurs imposent à nos personnages. TF1 diffuse Docteur House, mais ils ne l’auraient jamais produit. Pourquoi ce qui est possible aux Etats-Unis ne le serait pas ici ?

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