brève

écrit le 17/10/2009 à 16:00
par Patrick Malbec

La transformation de France Télévisions en entreprise unique n’est pas sans conséquence sur la vie des créateurs.


A ceux qui depuis des mois s’inquiétaient des dangers du ‘guichet unique’, les dirigeants de France Télévisions vantaient un fonctionnement centralisé, transparent, collégial et juraient que cela ne changerait rien. Et bien selon nos informations nous pouvons affirmer le contraire, il y a du changement, et pas vraiment dans le bon sens.

Par le passé les projets fictions ou documentaires pouvaient être présentés à plusieurs chaînes du groupe puisque chacune avait ses propres services, multipliant ainsi les chances de voir un projet aboutir. Aujourd’hui, ces services regroupés décident pour l’ensemble des chaînes, et si un projet est refusé, il est définitivement mort et enterré sur le service public.

Autre effet pervers de cette réforme, ces nouvelles directions centralisées ont une vision de l’ensemble des œuvres en écriture, en tournage ou post-production. C’est ainsi que des scénaristes se sont vu refuser ou supprimer des projets sous prétexte qu’ils en avaient ‘trop’, ou qu’une documentariste ayant un film en tournage et un deuxième en fin de montage s’est fait retoquer un projet en développement sous prétexte qu’elle avait bien assez de travail.

Peut-être faudrait-il informer les aimables décideurs – salariés - de France Télévisions des pratiques en usage dans nos métiers? Quand un documentariste vient de terminer le montage d’un film, qu’il est en tournage d’un deuxième et propose un nouveau projet, il ne fait pas trois choses en même temps, il passe d’une œuvre à l’autre et prépare son avenir, comme un entrepreneur remplit son carnet de commande. De même pour un scénariste. Ce n’est pas parce qu’il termine une version dialoguée sur France 2 qu’il lui sera impossible de développer un synopsis ou un traitement pour France 3. On saupoudre, on fait semblant de donner du travail à tout le monde, on ne soucie plus de la qualité du projet proposé. C’est un peu comme si une grande marque automobile demandait à son sous-traitant qui fabrique d’excellents pistons de s’arrêter quelques temps pour laisser de la place aux autres.

partenaires

Contactez-nous
Copyright 2009-2010 - Tous droits réservés