écrit le 17/10/2009 à 20:00
par Christelle Dupays

FESTIVAL - Le couple scénariste-producteur, c'est "Je t’aime, moi non plus"

Entre flirt et désamour, les relations scénaristes/producteurs balancent. Rapport bref de l’histoire d’un triangle amoureux ou le diffuseur tient aussi un rôle.

Va comme je te pousse
Pascale Breugnot (Ego Prod) : Ce qui me frappe, c’est que l’identité de chaque chaîne est devenue extrêmement floue. J’ai un gros problème avec ça. Cette impression d’aller à la va comme je te pousse, avec les chaînes. Les producteurs et les scénaristes ont donc tout intérêt à collaborer. A trouver des caractères, des histoires fortes. D’autant que la télé-réalité nous oblige à être plus cash dans nos fictions. J’aime être surprise. Malheureusement les diffuseurs eux beaucoup moins.
 
Ensemble
Jean-Pierre Guérin (GMT) : La création commence de toute façon par un scénario et il n’est pas assez payé. Devant tout ce qui nous attend, les négociations doivent se faire ensemble. Le couple scénariste/producteur doit être considéré comme indissociable et indispensable.
 
Rapports particuliers
Olivier Kohn (Créateur de Reporters pour Capa Drama) : Avant d’être scénariste j’ai été directeur littéraire salarié pendant 6 ans. J’ai donc un rapport un peu particulier avec les producteurs. Maintenant on a quand même plus souvent vu des scénaristes se faire virer par des producteurs et rarement l’inverse.
 
Chef de bande
Dominique Lancelot (Auteurs Associés) : Tous ici, auteurs, réalisateurs, producteurs sommes des créatifs. Etre producteur nécessite un vrai suivi des textes. De l’écriture au stade final. Sinon, le scénario aura beau être formidable, il ne rencontrera pas le public. On propose des films, pas des boîtes de conserves !
Moi en tant que productrice j’ai besoin d’auteurs. Je me sens comme un chef de bande qui va trouver les moyens de faire exister les rêves qu’on a ensemble. Il y a une chose fondamentale dans ce métier, c’est l’affect. Il faut créer des liens plus pérennes entre auteurs et producteurs. Ouvrir le plateau et le montage aux auteurs, car cela influe sur l’écriture. Moi j’ai envie d’aider les auteurs à être à l’aise, familiers et légitimes sur un plateau. Et pour ça il y a plein de choses à faire bouger.
 
Explorateur
Thomas Anargyros (Cipango) : Ce qu’il y a de bien c’est qu’un accord vient d’être signé avec les chaînes de la TNT. C’est un enjeu évident, même avec des moyens très petits. Il y a quelque chose à aller explorer, un territoire plus libre.
 
Faire bloc
Jean-Pierre Guerin : Si les auteurs et les producteurs font bloc ensemble, ils arriveront peut-être à faire évoluer les choses. On a tous fait ici trop longtemps le même film. A nous de pousser pour que ça change !
 
Désirs tarifés
Patrick Vanetti (Directeur du CEEA) : Pour moi il y a quand même un dysfonctionnement dont il faut parler. On demande à scénaristes d’écrire des synopsis allant parfois jusqu’à 5 pages. Tout le monde les retravaille. Et très souvent le scénariste n’est pas payé pour développer ça. Ca fragilise son travail, son énergie. Son désir d’auteur.
 
Cran d’arrêt
Nicole Jamet (Scénariste) : Le but de la discussion est de voir ce qui nous rassemble. On ressortira les crans d’arrêts après !
 
Flirt avorté
Stéphane Kaminka. (Scénariste) : Pourquoi ne parler que des bons moments. Le couple scénariste/producteur ne fonctionnera que si tout le monde joue le jeu. C’est aussi une question de reconnaissance. Comme le fait que dès qu’un réalisateur entre en jeu le scénariste a clairement l’impression de se faire jeter de l’histoire.
 
Débandants…
Pascale Breugnot : Mon plaisir c’est de prendre des risques. Il faut donc travailler ensemble pour imposer des projets différents. Le problème c’est que les diffuseurs n’ont pas de désirs. Ils sont débandants.
 
Moindre coût
Virginie Ogouz (Agent) : A mon avis les risques sont à moindre coûts pour vous. Quand vous demandez une bible et que vous optionnez très peu c’est scandaleux.
 
Tabou
Christian Charret (Producteur) : Le problème c’est qu’on est dans un système où il y a surpopulation et où tout le monde n’est pas sur un même pied d'égalité. Il y a des producteurs installés ou non, des talents confirmés ou non. Ce combat au couteau n’est pas nécessaire. Il faut accepter qu’il y ait des situations différentes…
 
Considération
Guy-Patrick Sainderichin (Scénariste) : Il ne faut plus travailler pour les chaînes. Il faut créer les meilleurs projets possibles. Revenir à une économie du projet. Le problème avec les producteurs c’est que depuis des années ils estiment ne pas avoir de comptes à rendre aux auteurs. On aimerait juste un peu plus de considération.
 
Mère poule
Iris Bouché (Productrice) : En tant que producteur, notre rôle est aussi de protéger l’auteur des retours désagréables que l’on peut entendre dans les chaînes.
 
Ensemble bis
Thomas Anargyros : On a tous envie de faire un bon film, une bonne série que le public ait envie de regarder. Ce sur ce couple scénariste/producteur que l’on aura la capacité de redonner le désir aux diffuseurs.
 
Comme des merdes
Anne Valton (Scénariste) : Puisque l’on parle couple, moi j’ai un certain nombre de requêtes. D’abord, j’aimerais vraiment que les producteurs aillent vendre les projets avec nous, après tout on est quand même les plus à même de le faire. On est adultes. Ce qu’on aimerait aussi c’est être consulté sur le choix des réalisateurs et le casting. Après tout on sait à qui on a pensé quand on écrit. Notre point de vu est aussi légitime que le votre. Dès qu’on a rendu notre scénario on est viré comme des merdes !
 
Sexe, mensonges et scénario.
Christine Miller-Wagner (Présidente de l'UGS) au sujet d'une intervention dans la salle qui demandait pourquoi les scénaristes sont obligés de demander les comptes d'exploitation aux productions par lettre recommandée afin d'obtenir leur pourcentage : "Il faut des vraies rémunérations proportionelles et pas des rémunérations forfaitaires déguisées"

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