En tant que présidente de cette manifestation, quel bilan en tirez-vous cette année ?
Il y a bien sûr des points positifs et d’autres moins. D’un point de vue positif, on peut remarquer qu’il y a eu beaucoup de nouveaux auteurs, de nouvelles sociétés de productions et donc de rencontres. Que finalement le lieu unique du casino a favorisé.
Nous avons également vu se développer un certain franc parler entre auteurs et producteurs. Un vrai désir de réorganisation du métier et de changement conduisant à une volonté de travailler plus sereinement, de régler nos soucis et batailles antérieures pour mieux avancer ensemble.
Concrètement, sur quoi cela va-t-il déboucher ?
Sur la mise en place au cours de cette année à venir de commissions de travail auteurs-producteurs. D’autant qu’avec la mise en place de l’Observatoire Permanents des Contrats de l’Audiovisuel (OPCA), crée par la SACD, nous avons des outils de plus en plus précis quant aux rémunérations et clauses des contrats proposés aux scénaristes.
Les diffuseurs sont grands absents de cette quatrième édition…
C’est vrai qu’hormis France télévision, dont plusieurs chargés de programme étaient là et Arte, peu avaient fait le déplacement. Et peu étaient ouverts à la discussion. Mais c’est finalement un mal pour un bien !
Même si leur absence a pesé dans les débats, elle nous a obligé, nous auteurs, à nous mettre dans une position commune avec les producteurs. On ne doit plus être dans l’attente du désir des diffuseurs, mais soudés, aller leur faire des propositions. Et faire bien plus confiance à nos univers !
Dans ce nouveau couple, on va probablement trouver plus de liberté et de confort. Et une force de conviction commune qui va aider les chaînes... Papa et maman ne sont pas venus, et si cette absence est un peu vécue comme un abandon, elle nous pousse à une prise en main !
C’est dans ce sens aussi que les principaux syndicats, Snac, CDA, UGS, tentent de se réunir ?
Il nous faut effectivement une vraie guilde des auteurs. Avec des avocats, des juristes... Que l’on avance et défendent nos droits en étant organisés et adultes. D’autant que le problème des droits d’auteurs avec les réalisateurs est loin d’être réglé.
Quid d’une cinquième édition ?
Le contexte n’est pas facile, mais on va se battre ! On recherche de nouveaux partenariats, de nouveaux moyens. Peut-être que la formule doit évoluer. Mais ce qui est sûr c’est que l’on continuera…