écrit le 23/10/2009 à 10:00
par Frédéric Davoust

WEB - Avec "Kali" Canal+ offre-t-elle une nouvelle websérie, ou un avant-goût de série techno ?

On connaissait les films popcorn au cinéma, voici la série pop-rock, tout aussi efficace, du moins sur le web en attendant une diffusion télé en format classique, de 90 minutes. Pour l'instant, Canal+ et la Parisienne d'Images proposent 12 épisodes de 6 minutes.

Pour la première fois une chaîne se lance dans la Web fiction! Toujours un coup d’avance pour Canal Plus qui, en collaboration avec La Parisienne d’Images, a développé cette toute nouvelle série prévue en partie pour le Net. Produite dans le cadre de la Nouvelle trilogie, réalisée par le scénariste et réalisateur anglo-irlandais Richard Johnson, elle est proposée en 12 épisodes de 6 minutes avant sa diffusion en intégralité en décembre sur la chaîne cryptée.

Qui est Kali? 
L’histoire est celle d’une jeune Anglaise qui se réveille dans l’Eurostar, totalement amnésique. Gare du Nord, des inconnus l’agressent. Elle les neutralise avec une violence et une précision qui la sidèrent. Bientôt, elle découvre qu’elle parle un français impeccable… Qui est Kali ?

Au vu des deux premiers épisodes, diffusés sur le site de Canal+ (dont on regrette le streaming particulièrement poussif), la série est prometteuse : montage soigné, réalisation efficace, acteurs convaincants. Le scénario utilise les rouages d’une série à l’américaine. L’intrigue principale suit Kali depuis son réveil dans l’Eurostar. On ne sait pas qui elle est, et elle non plus. Les scénaristes font un usage intelligent de la voix off, qui pour une fois ne paraît pas artificielle ; elle délivre des informations sur le personnage, mais en aucun cas ne facilite la tâche au spectateur... Apparaît un premier groupe qui la suit via les caméras de surveillance installées dans et autour de la gare. Un second groupe intervient alors, les opposants, qui lancent des hommes à la poursuite de la jeune femme. Kali ne sait pas encore qu’elle est en danger. Perdue, elle se réfugie dans les toilettes. Trois hommes font irruption.Fin du premier épisode, en 6 minutes chrono (7min13 générique de début et de fin compris).

C’est efficace et on se précipite sur l’épisode suivant pour en savoir un peu plus.

Kali

Petit Poucet

Avant le deuxième épisode, la production prend soin de retracer les grandes lignes de l’épisode précédent, façon « Desperate Housewives », et reprend le rythme sans perdre une seconde. Kali est toujours enfermée dans les toilettes, le danger rôde. La scène est assez classique : le protagoniste enfermé dans les toilettes est pris au piège. Kali ne sait rien des ses poursuivants, mais elle se sort du guêpier en usant de techniques de combat absolument parfaites. Contrainte à la fuite (en vélo, on reste écolo et on donne l’exemple !), elle achève sa course dans un bar à Pigalle (on continue la visite de Paris). Là, un homme, STELIT, la contacte et lui signale la présence des poursuivants. Elle doit fuir à nouveau.

C’est à ce moment qu’une intrigue secondaire se noue, une histoire d’amour passée mais toujours présente entre Stelit et Kali. On apprend que Kali est volontaire pour intégrer un programme de recherche sur les nanotechnologies, tandis qu’un troisième larron fait son apparition : MELVIN. Les scénaristes utilisent intelligemment le système du Petit Poucet, et installent une intrigue qui nous captive. L'économie de l'information est rigoureuse. Accro, le spectateur reste sur sa faim jusqu’au prochain épisode.

Vraie Fiction

Pour une web série, la dramaturgie fonctionne plutôt bien. Reste à savoir si la diffusion en 90 minutes tiendra le même rythme. Jusqu’à maintenant la web fiction avait surtout produit des séries à sketches. Ici, nous avons une vraie fiction, dans l’ensemble bien écrite et réalisée avec un grand professionnalisme et des moyens. Pour l'instant, l'intégralité de la série n'est pas sur le web: 12 fois 6 minutes = 72 minutes, il manque donc 18 minutes. Espérons que cette rallonge ne plombera pas "Kali". Cette initiative démontre que le web peut offrir à la fiction innovante un vrai support en dehors du système conservateur des chaînes françaises.

« Kali » réalisé par Richard Johnson
Scénario : Richard Johnson, Alias Jabre, Virgile Bramly et Alban Lefranc
(D’après une idée originale de Richard Johnson et Romain Protat) 

Sous la direction de Bruno Gaccio

 


 


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