écrit le 21/10/2009 à 16:00
par Christelle Dupays

AUDIOVISUEL - Pâle diversité dans la fiction française.

Mardi 20 octobre paraissait le premier rapport du baromètre de la diversité mis en place par le CSA depuis janvier 2009. Sans surprise ! Même si la fiction française se révèle être la bonne élève en matière de représentation des minorités.

Et afin d’arriver à ces conclusions attendues, le CSA a fait étudier les programmes de 18 grandes chaînes (historiques et du câble*) à 63650 personnes, sur la semaine du 8 au 14 juin 2009.
 
Sous-employés…
Premier constat, le P.A.F accorde une place très inégale aux différentes catégories socioprofessionnelles.
Les Cadres supérieurs et autres professions dites « intellectuelles » se taillent la part du lion dans les programmes français, surtout dans les publicités, les jeux et les informations.
Quant à la fiction française, c’est « the place to be », pour les catégories oubliées. Si les héros restent majoritairement des cadres (76 % tout de même), les ouvriers, retraités, commerçants, agriculteurs ou autres artisans ont également droit de cité, surtout dans les rôles secondaires. Une catégorie particulière a d’ailleurs été mise en place afin de recenser les activités marginales ou illégales, telles les prostitués, brigands ou sans profession qualifiable.
 
 
Où sont les femmes ?
Malgré la parité des sexes au sein de la société française, les femmes sont moins souvent présentes que les hommes à la télévision, ainsi dans la fiction, le ratio affiche 62 % de héros masculins contre 38 % d’héroïnes. Une tendance qui semble évoluer, les fictions françaises inédites diffusées au cours du premier semestre 2009 mettant en scène plus de femmes dans les rôles principaux (54 %).
 
Blanc de blanc
Face à l’épineuse question de la représentation ethnique, le CSA propose d’indexer l’origine ethnique perçue en tenant compte des traits physiques des personnages apparaissant à l’antenne mais aussi en s’appuyant sur la consonance de leurs noms ou prénom.
 
Actuellement, les « blancs »*1, représentent donc 86 % des personnages de fiction. 5% pour les « noirs »* 1,2% pour les Asiatiques, 2% pour les Arabes et 3% pour les autres.
 
À l’inverse de l’évolution positive de la représentativité des femmes dans les fictions françaises inédites, les minorités sont elles moins présentes. 92 % des nouveaux personnages secondaires étant des « blancs ». Les héros « non-blancs » représentant eux à peine 10 % des personnages de fiction.
 
Les chaînes généralistes ont vocation
à représenter une culture moyenne.
(Vincent Meslet)
 
Une sous-représentation qui a en plus tendance à se cumuler avec le sexe du héros.
C’est d’ailleurs essentiellement grâce aux contenus étrangers (fiction américaine notamment) qu’une plus nette diversité des origines ethniques apparaît à l’antenne.
 
Quant à la présence du handicap, c’est bien simple, elle est quasi nulle ! 0,2% des personnages indexés sur l’ensemble de l’enquête.
 
Afin de faire évoluer les différentes situations, le CSA s’engage donc à publier ce type de rapport tous les six mois. Et même si les chaînes semblent vouloir rééquilibrer les choses, tout n’est pas si simple. Dans une interview accordée au Point.fr, Vincent Meslet, directeur de la fiction de France TV, déclare à ce propos : « Les chaînes généralistes ont vocation à représenter une culture moyenne, à la fois critiquée par les élites et enviée par les classes populaires. » Même s’il faut « être attentif à ce que les scénaristes ne s'intéressent pas toujours aux catégories les plus aisées. »

À tort ou à raison, il semble donc encore loin le temps ou l’héroïne d’une fiction sera une ouvrière à la chaîne, sourde et asiatique…
 
*Chaînes concernées : TF1, France 2, France 3, France 4, France 5, M6, Canal+, W9, BFM TV, NRJ
12, I Télé, Gulli, Virgin 17, TMC, Direct 8 et NT1.

*1. Terminologie employée par le CSA.

partenaires

Contactez-nous
Copyright 2009-2010 - Tous droits réservés