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SERIE - Braquo (3-4) Les personnages de flic n'ont pas le droit à la psychologie.
La suite des aventures de la section d’Eddy Caplan, c’était lundi soir dernier sur Canal+. Verdict...
La semaine dernière, on avait laissé (avec une certaine indifférence, malheureusement) Eddy et Walter dans une bien mauvaise posture : ils avaient tué deux trafiquants de drogue, après que ces derniers eurent essayé de les faire chanter. Nous les retrouvons donc cette semaine en train de s’échapper du hangar où les deux dealers leur avaient donné rendez-vous. La police a manifestement eu vent de la fusillade (le « comment » reste un mystère, puisque le hangar se trouve dans un coin retiré de la Garenne-Colombes… - Mais bon, on a appris à ne pas trop pinailler quant aux raccourcis narratifs de la série ! - ) et pourchasse nos deux (anti)-héros dans une scène d’ouverture plutôt bien menée. Caplan et son collègue arrivent à s’enfuir et l’épisode embraye directement sur une nouvelle affaire : un gang s’amuse à arracher les distributeurs de billets des murs.
On a appris à ne pas trop pinailler quant aux raccourcis narratifs de la série...
Cet épisode 3 fait figure de maillon faible de la soirée. Les incohérences continuent d’être légion, notamment pour les personnages. L’exemple le plus frappant reste celui de Theo (Nicolas Duvauchelle) qui en bon disciple de Kim Bauer dans 24, montre de grandes dispositions à se foutre dans la merde tout seul ! C’est bien simple, on lui met un signe avec « Attention, dealer dangereux, ne pas y aller seul ! », il y va quand même… et se fait tabasser, forcément.
Heureusement, Théo est quand même un garçon qui a de la ressource : les petites frappes, il sait les faire parler ! Pour glaner des indices sur le mystérieux gang des distributeurs, il menace de brûler la voiture d’un de ses agresseurs. Et à nous d’assister à une scène assez surréaliste, où le voyou balance des noms (et risque donc des représailles très graves) pour ne pas voir sa BMW partir en fumée !
Il ne faudrait pas pour autant en oublier le message d’Olivier Marchal, qui reste somme toute assez intéressant : la criminalité en France est parfois le fait de gamins qui ne savent pas mesurer les enjeux qu’engendre leur activité.
Le problème avec ce discours dans une série comme Braquo, c’est qu’il affaiblit considérablement l’univers établi. Si on associe tout le temps « bande de bras cassés » à « bandits dangereux », il est difficile pour le spectateur de gober l’argument même de la série, qui serait : « dans un monde sans pitié, les flics doivent employer des méthodes fortes », tout bêtement parce que le monde qu’on nous présente n’apparaît pas sans pitié !

Si on accepte la violence de Vic MacKey dans The Shield, c’est parce qu’à Los Angeles, les gangsters font vraiment peur, et que le seul moyen de les mater, c’est de leur mettre une bonne raclée ! Je serais aussi prêt à parier que les voyous de The Shield ne balanceraient pas leurs collègues si on les menaçait de seulement brûler leur voiture…
Sinon, cet épisode nous en apprend un peu plus sur les personnages, mais pas assez pour générer une réelle empathie. On nous rappelle que Walter a une famille et que sa femme souffre d’une grave addiction (déjà dans l’épisode 1). Théo se drogue, ce qui entraîne chez lui une instabilité psychique, gênante dans son métier (déjà dans l’épisode 1 aussi). Eddy vit sur une péniche, et était très lié avec son collègue suicidé (on était au courant, merci !). Ah, et il est encore pris d’une crise de pyromanie (ça en devient pathologique, va falloir penser à consulter !), lorsqu’il brûle le hangar où il a tué les dealers, soit disant pour brouiller les pistes (en fait, cet acte est juste une provocation, puisque deux scènes en amont, Eddy avait été innocenté grâce au faux témoignage de son supérieur.)
L’unique «backstory » vraiment intéressante concerne Roxane (Karole Rocher), seul personnage à éprouver des remords par rapport à la mort accidentelle de l’accusé, au tout début de l’épisode 2. On apprend que son père était flic et qu’elle lui demande encore conseil. Cette information est assez importante par rapport aux motivations du personnage et permet aux auteurs de distiller du suspense quant à sa capacité à garder un secret, secret qu’elle et toute sa section s’étaient jurés ne pas révéler. Mais si l’intention était plutôt bonne, le résultat est moins convaincant : la scène est longue et pas assez focalisée.
On retrouve à peu près les mêmes problèmes dans l’épisode 4, sauf à la fin où la trame subit un coup de fouet bienvenu ! En effet, Eddy Caplan se voit obligé de participer à un casse pour trouver de l’argent afin de délivrer Walter, enlevé par les cousins des dealers disparus. Tout se complique lorsque Roxane apprend le lieu et l’heure du braquage, et décide d’entraîner une autre équipe pour pincer les bandits, qui ne sont autre que… ses propres collègues !
Suspeeeenseeeuh !
Mis à part le fait que les histoires s’imbriquent assez maladroitement (on a du mal à distinguer les enjeux des différentes intrigues), voilà enfin un conflit qui nous tient en haleine et qui nous fera (peut-être) revenir la semaine prochaine.
En attendant, je vais quand même aller déposer un cierge sur la tombe des Sopranos.
Vous ne m’en voudrez pas, hein ?
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