écrit le 12/11/2009 à 14:00
par Frédéric Davoust

CINEMA - 2012, écrit et réalisé par Roland Emmerich, coécrit avec Harald Kloser

Un blockbuster d’envergure un brin conservateur, à voir avec 3 litres de soda, un baquet de popcorn version famille nombreuse et un masque à oxygène.

Roland Emmerich connaît la musique. Après Independance Day et Le Jour d’Après, il réalise l'ultime film catastrophe et met en scène rien de moins que la fin du monde.
Le film s’ouvre en 2008 en Inde. Un géologue travaillant pour la Maison Blanche se rend chez un chercheur indien qui lui fait part d’une découverte terrifiante : la dernière explosion solaire envoie  vers la terre des neutrinos qui affectent le fonctionnement du noyau terrestre. Les conséquences seront désastreuses, le compte à rebours est déclenché, le grand cataclysme est prévu aux alentours de 2012 comme les Mayas l’avaient annoncé dans leur calendrier... Pas fous, les Mayas.

Les chefs d’Etats se réunissent en G8 et décident la création de vaisseaux, espèces d'arches de Noé modernes, pour sauver l’espèce humaine... 

A Los Angeles, un écrivain médiocre et loser magistral (divorcé, méprisé par ses enfants et son patron, perdu dans sa propre vie, peinant à faire face à ses responsabilités) doit emmener ses enfants camper. Les premiers effets du cataclysme à venir se font sentir : fissures superficielles de l’écorce terrestre, disparition d’un lac dans le parc de Yellowstone surveillé par l’armée. C’est alors que l'écrivain découvre l'imminence de la fin du monde en écoutant un prédicateur foldingue à la radio… Une série de tremblements de terre met fin à ses derniers doutes.

La fête commence, accrochez-vous au fauteuil et n'oubliez pas de respirer. Une folle course contre la montre s’enclenche dans un Los Angeles qui dévisse complètement. Le reste du film est construit sur une alternance systématique: une grosse scène d’action, une accalmie, une grosse scène d’action, un moment de relâchement - respirez profondément...

Bref rien de nouveau sous le soleil, ce film ne révolutionne en rien les films catastrophes, il n’en est que le point d’orgue, l’œuvre presque absolue -- jusqu'au prochain. Heureusement pour le spectateur qui risque l'asphyxie, les rares moments d’émotion tombent à l’eau, et l'intrigue ne recèle aucune surprise : on sait où on va et on y va, non de d'là! Pas de contre-pied, ni de surprise qui risquerait de tendre le récit avant le climax (et d'achever le spectateur par apnée prolongée).

Le film balance pendant 2h38 la même idéologie, parfois nauséabonde, et conservatrice au possible. On pourrait y voir une certaine dénonciation de la dérive fascisante des élites, mais cette possibilité s'effondre bien naïvement dans la dernière demi-heure. On sent le poids des lobbies dans la balance dramaturgique, il faut satisfaire tout le monde et sauver un maximum de gens différents, quelque soient leur religion et la couleur de leur peau… à condition qu’ils soient riches (ou chefs d’état), bref, l’élite des nations industrialisées de préférence. Bon, au passage, on comprend que la guerre froide est bel et bien finie, et ça, ça fait quand même plaisir.

Finalement on se fout de savoir qui est sauvé, c’est du pur Entertainment, pas du Tarkovski. Alors calez-vous dans votre fauteuil, éteignez votre cerveau votre portable, admirez le spectacle... et n'oubliez pas de respirer.

Lire ici l'interview du scénariste Harald Kloser


partenaires

Contactez-nous
Copyright 2009-2010 - Tous droits réservés