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CINÉMA - Orange poursuit son effort pour la création française et vient chasser sur les terres de Canal +.
A l'issue d'un an et demi de négociations, le mardi 10 novembre, Didier Lombard a signé avec les professionnels du cinéma, et en présence du ministre de la Culture un accord qui pourrait transformer le paysage cinématographique français.
La chaîne Orange Cinéma Séries garantit pour sa phase de lancement un investissement minimum de 80 M€ sur 3 ans dans le cinéma français et européen. La filiale s’engage par ailleurs à ce qu’au moins 60% de son obligation d’acquisition de films d’expression originale française porte sur des préachats.
Cet accord prend en compte le caractère innovant et interactif d’Orange Cinéma Séries, et notamment son service de télévision de rattrapage qui fera l’objet d’une rémunération spécifique pour les ayants-droit - mais on ne sait pas encore comment. Orange Cinéma Séries s’engage aussi à consacrer immédiatement 25% de son obligation d’acquisition de films d’expression originale française à des œuvres dont le budget est égal ou inférieur à 5,35 M€.
Le bouquet apportera également un soutien financier aux filières de la distribution et de l’exploitation des films en salles, afin de contribuer notamment au développement des outils numériques dans ces secteurs et d’apporter un soutien à la diversité de la distribution en salles (diversité des distributeurs, diversité des cinématographies).
Bien que les termes de l’accord soient très encourageants, deux organisations ont finalement refusé de le signer. L’UPF (Union des Producteurs Français) et la SRF (Société des Réalisateurs de Films) ont-elles, comme le dit la rumeur, été instrumentalisées par Canal +, la grande rivale qui voit d’un mauvais œil les pratiques (et la générosité ?) d'Orange, alors qu’elle s’apprête à ouvrir de nouvelles négociations avec les professionnels du cinéma?
La SRF, qui copréside le BLOC (Bureau de Liaison des Organisations Cinématographiques) était disposée à signer le 4 novembre, puis aurait demandé à Orange de revoir les modalités d’investissement dans les films à petit budget (moins de 5,3 millions d’euros), en répartissant les 20 millions d’euros promis sur 10 films par an au minimum. Orange a refusé en reprochant à la SRF de ne pas avoir fait cette proposition lors des négociations.
On peut comprendre la volonté des réalisateurs de voir cette aide mieux répartie afin d’offrir une plus grande diversité, ils s’en expliquent très bien dans une lettre publiée par le Film Français. S'il est sain que Canal+ se retrouve avec un concurrent de taille sur le marché français, il est cependant indispensable que les créateurs restent vigilants afin que les nouveaux financements soient au service d’une plus grande diversité et non une machine à cash pour blockbusters (en français : gros films pas forcément bons mais censés rapporter du pognon).
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