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Gilles Carle, scénariste, réalisateur, monteur, producteur,a été un touche à tout de grand talent, rénovateur du cinéma canadien à partir des années 60, il est décédé le week-end dernier à l'âge de 82 ans.
Il est des réalisateurs dont l'oeuvre foisonnante n'est que peu connue et reconnue. Gilles Carle fait partie de ces réalisateurs là. Après des études aux Beaux Arts de Montréal et un détour par l'édition (Editions de l'Hexagone), Gilles Carle intègre l'Office National du Film du Canada comme documentaliste, scénariste, puis réalise ses premiers courts-métrages, essentiellement documentaires (tout comme Denys Arcand). En 1965, alors qu'il travaille sur un court documentaire sur le déneigement des rues de Montréal, il détourne matériel et techniciens pour réaliser son premier film de fiction: La Vie heureuse de Léopold Z. Malgré le courroux de l'ONF, le film sort en salle et devient le plus gros succès d'un jeune cinéma québécois émergent. Cependant l'ONF refuse de produire autre chose que du court. Gilles Carle quitte alors l'organisme administratif pour la production indépendante avec Onyx Films qui financera en 1968 Viol d'une Jeune Fille Douce. Gilles Carle n'aura de cesse de montrer avec beaucoup d'humour (parfois burlesque) et de fantaisie les dérives et les travers de la société canadienne.
Dans les années 70 Gilles Carle devient un réalisateur poil à gratter, osant sur le ton de la fable et de la comédie, s'en prendre à la politique économique, sociale et agricole de son pays (La Vraie Nature de Bernadette). En 1973, il réalise La Mort d'un Bûcheron dans lequel il fait tourner pour la première fois celle qui deviendra sa femme et son égérie: Carole Laure. Dans ce film, très librement adapté de Marie Chapdelaine de Louis Hémon, non seulement il dénonce la déforestation, mais il attaque, sur le ton de l'humour, les valeurs chrétiennes et familiales traditionnelles. En 1981, il réalise les Plouffes d'après Roger Lémelin pour la télévision. Puis en 1983, il signe l'adaptation de Marie Chapdelaine, qui restera un de ses plus grands succès public. Jusqu'en 1994, il a réalise quelques films, restés confidentiels. Atteint de la maladie de Parkinson, il a cessé toute activité cinématographique il y a une dizaine d'année.
Au-delà de ces films, on doit à Gille Carle une libération des réalisateurs canadiens, et surtout québecois. il s'est tout permis, en s'offrant le luxe de la liberté et de l'originalité. Il l'a a sans doute payé cash, finissant par disparaître après l'émergence d'une nouvelle génération, celle de Cronenberg et d'Atom Egoyan, et l'arrivée sur la scène internationale de Denys Arcand.
Les films de Gilles Carles à l'ONF: http://www.onf.ca/explorez-par/realisateur/Gilles-Carle/
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