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ÉDITION - Google plie devant un éditeur français
Fin d'année réjouissante pour les auteurs : le rouleau-compresseur Google écrasant les droits d'auteurs pour toujours plus de profits a été stoppé dans son élan. Le Tribunal de Grande Instance de Paris vient de condamner Google à verser 300 000 € aux éditions La Martinière et un euro symbolique au Syndicat National de l'Edition (SNE) et à la Société des Gens de Lettres (SGDL). Même si le géant américain a annoncé son intention de faire appel, c'est une ouverture vers une négociation possible que Google refusait jusqu'à présent.
Le géant Google a été condamné. Le géant Google qui, en toute impunité, et même avec insolence, numérisait à tours de bras "nos" livres, "vos" livres, ceux que nous avons écrits, ceux que vous avez lus, les auteurs vivants, morts, célèbres ou inconnus, les uns comme les autres ne pouvant se défendre.
Google vient d'être condamné après avoir numérisé des livres sans autorisation et les avoir publié sous formes d'extraits aléatoires, portant atteinte au droit d'auteur comme au droit moral.
Oui, c'est un soulagement. Même aux Etats-Unis, pays de la procédure s'il en est, les auteurs et éditeurs avaient finalement baissé les bras face à Google.
Le Tribunal de Grande Instance de Paris vient de condamner Google à verser 300 000 € à aux éditions La Martinière et un euro symbolique au SNE et à la SGDL. Même si le géant américain a annoncé son intention de faire appel, c'est une ouverture vers une négociation possible que Google refusait jusqu'à présent.
Rappel des faits : juillet 2006, les Editions La Martinière se dressent, seules, contre Google et décident de l'attaquer pour contrefaçon sur le projet mondial de Google de numériser tous les livres, et notamment ceux disponibles dans les bibliothèques américaines.
Jusqu'à présent, la stratégie de Google était fuyante: il numérisait et retirait les livres si l'auteur ou l'éditeur se manifestait. Google compliquait à dessein les négociations, en refusant notamment de fournir le catalogue des livres numérisés (plus de dix millions estimés à ce jour).
En 2005, les auteurs américains avaient entamé un procès contre Google. L'année suivante, en 2006, les Editions La Martinière se décident à en faire autant. Dans leur sillage, le Syndicat National de l'Edition (les éditeurs) et la Société des Gens de Lettres (les auteurs) s'associent à cette action que tout le monde croient désespérée.
Aux Etats-Unis, en octobre 2008, les auteurs et éditeurs renoncent à leur "class action", faute d'argent pour continuer la procédure, et finissent par accepter un compromis de Google, auquel le ministère de la justice américain s'oppose au nom du droit d'auteur et de l'abus de position dominante!
Plusieurs fois, la SGDL manque de se retirer par manque de moyens, tout son budget juridique (ou presque) est mobilisé sur cette action-là. Entretemps, le livre numérique se développe, le Kindle d'Amazon ou le Reader de Sony, surtout aux Etats-Unis et au Japon, où il est rentré dans les moeurs. Sony défend Google afin d'offrir le plus grand nombre possible d'ouvrages sur son support.
Sans doute, auteurs et éditeurs sont conscients de l'importance de l'enjeu pour l'avenir. Mais, forts de l'expérience désastreuse de la musique, ils entendent en faire partie et ne pas se laisser déposséder par un acteur sans foi ni loi. Finalement, l'enjeu du procès n'est pas d'arrêter Google, ce qui serait impossible, mais de l'obliger à négocier. C'est une porte ouverte à une discussion que refusait Google au nom de sa force de frappe.
Et pour nous, auteurs, c'est un formidable espoir en notre avenir d'écriture.
Comme le rappelle Alain Absire, président de la SGDL, "en nous permettant d'être financièrement indépendants de toute tutelle, le droit d'auteur nous rend libres de créer et d'exprimer la pensée originale qui nourrit le savoir et l'imaginaire collectifs. Seul son respect, tel que le consacre la condamnation de Google, sommé d'arrêter sa numérisation sauvage, sauvegarde la fiabilité de chaque livre. C'est lui qui maintient l'intégrité et l'universalité de notre patrimoine culturel."
Si vous souhaitez en savoir plus sur l'action américaine c'est ICI
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