écrit le 29/01/2010 à 10:00
par Vincent Solignac

SCANDALE - Orange aurait décidé de ne pas payer les auteurs pour leur travail.

Du côté lumineux, Orange fait de la com' en investissant dans la création, mais du côté sombre, elle refuse de régler la note qu'elle doit aux auteurs en rémunération des oeuvres qu'elle diffuse sur son réseau ! 

Refus de négocier 


Depuis quelques mois, nous entendons beaucoup parler d’Orange, ou plutôt la grosse entreprise communique habilement auprès des créateurs en leur faisant croire qu’elle est de leur côté : elle investit 300 000 euros dans la fondation Beaumarchais, elle lance l’appel d’offre Transmedia par le biais de sa filiale si bien nommée Transmedialab, et distribue 250 000 € pour des projets audacieux. Il semblerait que tout cela soit un écran de fumée, car depuis 2006, Orange refuse de négocier avec les sociétés d’auteurs (SACD, SACEM, SCAM) un pourcentage sur son chiffre d’affaires pour rétribuer les auteurs qui ont des œuvres diffusées ou rediffusées sur son réseau.

 

Il ne s’agit pas uniquement des chaînes Orange cinéma série, mais aussi d’Orange fournisseur d’accès, qui rediffuse des émissions des grands réseaux hertziens. Orange refuserait toute négociation avec les sociétés d’auteurs, elle aurait juste lâché quelques piécettes (on nous parle de 9 millions d’euros) pour calmer tout le monde – c’est tout ce qu’on a ! - Si elle avait joué véritablement le jeu et négocié, elle aurait dû verser 4 fois plus de droits aux sociétés d’auteurs (quelques 40 millions d’euros). Orange a jusqu'à décembre prochain pour régulariser sa situation, mais il semble que les discussions achoppent sur une question d'assiette... En refusant la négociation, Orange tente par l’intimidation d’imposer son pourcentage, ses règles et sa vision du droit d’auteur.

 

Queues de cerises

Free, un des autres acteurs majeurs du secteur, a signé un accord avec les sociétés d’auteur, mais que deviendra cet accord auprès du Conseil de la concurrence si Orange refuse de s’aligner sur Free, et de payer les droits d’auteur à leur juste valeur ? A l’heure où l’entreprise américaine ayant pour logo une belle pomme met en place des modèles performants comme it(h)unes pour rétribuer les auteurs, l’entreprise française qui a pour nom un fruit juteux ne redistribue que les pépins. Pour l’instant elle gagne la bataille de la com' en saupoudrant des aides à droite et à gauche (des sommes importantes qui deviennent ridicules quand on les compare aux droits qu’elles refusent de reverser).

 

Il serait temps de considérer Orange pour ce qu’elle est : une entreprise capitaliste sans scrupule, qui presse le citron de ses employés, distribue des queues de cerises aux artistes et reverse de confortables dividendes à ses actionnaires. Scénaristes.biz se promet de suivre attentivement cette affaire.


TAGS : ORANGE , SACD
partenaires

Contactez-nous
Copyright 2009-2010 - Tous droits réservés