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COURT-MÉTRAGE - La Calamity Jane du scénario
Hélène Vayssières est responsable du pôle court-métrage pour Arte. Rencontre à Clermont-Ferrand, en marge du festival, avec celle qui se qualifie de "Calamity Jane du scénario".
Avec 12 films en compétition cette année, les courts « made in Arte » étaient très présents dans la sélection française clermontoise. Avec une constante : une attention particulière portée à l’écriture et au désir de l’auteur.
Scénaristes.biz : Comment choisissez-vous les films que vous décidez de programmer sur vos écrans ?
Hélène Vayssières : La plupart, soit 8 à 10 par an, sont des films que je pré-achète à l’étape papier. Je suis très pointilleuse sur le scénario. On ne peut pas dire aujourd’hui, dans le court-métrage, que l’aspect technique d’un tournage pose problème. Ce qui va faire la différence ce n’est pas tant la qualité des images, mais bien le point de vue original, la forme personnelle que va prendre le film.
Alors quand un projet me plaît, que je le trouve intéressant, mais pas complètement abouti, je contacte le producteur et le réalisateur du film pour leur proposer de retravailler. Parce que tout s’écrit, même un film expérimental.
Scénaristes.biz : On ne peut pourtant vous proposer que des films ayant déjà été éligibles au CNC ou pour une aide en région. Il reste tant de travail que ça ?
Hélène Vayssières : Bien sûr qu’il reste à réécrire ! Dans les faits, que ces films aient été repérés et aidés, est un premier filtre pour moi. Et puis nous sommes diffuseurs et non producteurs, on ne peut pas se permettre d’entrer sur un films qui ne soit pas déjà aidé.
Scénaristes.biz : Concrètement, à quel niveau intervenez-vous ?
Hélène Vayssières : Après sélection, lors d’une séance de travail avec le producteur et l’auteur, je tente d’analyser d’où est parti le projet et où il va. Et comme je suis très pointilleuse, j’interviens également au moment du montage, qui à mon sens est une autre forme d’écriture.
Le plus important pour moi est que l'auteur soit allé au bout de son intention.
Scénaristes.biz : Vous arrive-t-il néanmoins d’être déçue du résultat ?
Hélène Vayssières : Bien sûr, certains films sont moins réussis que d’autres. Mais le plus important pour moi est que l’auteur soit allé au bout de son intention. Qu’il ait développé la psychologie des personnages, l’originalité du travail, des ambiances…
Scénaristes.biz : Ne pensez-vous pas que la plupart du temps on ne voit à l’écran que des intentions et pas d’histoires ?
Hélène Vayssières : C’est vrai qu’il suffit souvent de savoir lire pour se rendre compte que les films ne sont pas aboutis au niveau de l’écriture du scénario.
C’est un problème de manque d’exigence qui se retrouve dans beaucoup d’autres domaines. Tout le monde veut aller vite. Sans compter les effets pervers induits par les systèmes d’aides qui amènent à tourner dans un temps limité. Du coup, des films arrivent à l’étape du plateau alors qu’ils auraient encore besoin d’un profond travail d’écriture.
C’est pour ça que je suis autant attachée à mettre en place ces consultations sur le scénario en amont d’un tournage. Non pas pour contraindre les auteurs, mais pour leur donner du goût et du plaisir à l’écriture.
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