Ex: Bourges | France Télévisions | Vincent Meslet | Cannes
DVD - La Flûte Enchantée d'Ingmar Bergman : l'opéra vu par un grand enfant
Opening a ressorti le 16 février quatre films d'Ingmar Bergman, dont une réalisation méconnue de La Flûte Enchantée, le célèbre opéra de Mozart, sur un livret d'Emanuel Schikaneder.
La Flûte Enchantée est l'un des opéras de Mozart les plus célèbres, une histoire d'amour doublée d'une quête initiatique : Pamina, fille de la Reine de la Nuit, est enlevée par le grand prêtre Sarastro, qui souhaite la fiancer au vaillant prince Tamino. Mais ce dernier ignore les visées de Sarastro et, à la requête de la Reine de la Nuit, va délivrer la Princesse, avec la complicité de l'oiseleur Papageno et l'aide des trois suivantes de la reine. Ces dernières leur confient deux talismans qui sauront les protéger : une flûte enchantée et un carillon magique.
Bergman respecte à la lettre le livret et en fait la plus stricte adaptation. Son génie de la mise en scène se révèle dans le respect des conventions et des codes établis du théâtre. Pour la première fois, le cinéaste filme le public, venu assisté à l'opéra (comme Kiarostami a pu le faire dans son dernier film, Shirin). Un public d'hommes et de femmes de tout âge, de toutes origines, pour montrer l'universalité de la musique et de l'art en général.



Bergman se sert à plusieurs reprises, comme plan de coupe, du visage expressif d'une petite fille, tout à tour effrayée, ébahie, surprise... qui porte en elle les émotions de l'enfance. En parfait conteur, il s'adresse à cette âme.

Bergman se positionne non seulement en réalisateur, mais également en simple spectateur. Il est comme un enfant, il s'amuse. Il suffit de voir les décors pour s'en convaincre. Le cinéaste respecte le cadre de la scène, mais il viole cette loi de temps à autres. Le plateau est bien là, mais il l'étend jusqu'à perdre le spectateur dans ses propres repères. Il transforme la scène en espace sans limite, jouant sur la hauteur et la profondeur. On est à la fois au cinéma et au théâtre.

Bergman navigue entre deux arts : le théâtre avec ses exigences, ses codes et ses conventions, et le cinéma avec son sens du cadrage et sa liberté dans la mise en scène, telle la séquence grandiose où Sarastro arrive sur son char.

La musique et les choeurs envahissent tout, comme par enchantement, et la scène devient alors d'une profondeur que l'on n'imaginait pas. On touche au Sacré, ce moment où le cinéma arrive à capter la magie de l'opéra.
Ce film n'est pas une simple retranscription d'un opéra à grand spectacle. Bergman réalise un "vrai" film, avec ses plans de coupes et ses libertés, comme ce moment d'une rare drôlerie pendant l’entracte. Il pose sa caméra dans les coulisses et on découvre alors les trois suivantes fumer une cigarette sous un panneau « interdiction de fumer », Sarastro lire un gros livre à côté d'un enfant qui tient le journal de Mickey, le dragon chercher les toilettes… Un contrepied plein d’humour à la noirceur de l’acte 3 de la Flûte Enchantée !
Ce DVD comporte des bonus vraiment intéressants ; un documentaire rare sur le tournage du film, une interview d'Ingmar Bergman ainsi qu'une analyse du film par une flopée d'experts, dont Alfredo Arias, Jacques Aumont, Frédéric Mitterrand, René Terrasson...
La Flûte Enchantée d'Ingmar Bergman
Sorti le 16 février chez Opening.
Qui sommes-nous ? | Contact | charte des données et mentions
Copyright 2009-2010 - Tous droits réservés
Pas encore de réactions...
Soyez le premier à déposer un commentaire !
Scénaristes.biz vous donne la parole. Il suffit d'être connecté pour pouvoir déposer un commentaire sur cet article.
Si vous ne disposez pas encore d'un compte membre,
inscrivez-vous, c'est gratuit !