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DVD - Wallander, l'inspecteur qui venait du Walhalla
La BBC a brillamment adapté trois romans policiers à succès de l’écrivain suédois Henning Mankell. La première saison de Wallander : Enquêtes Criminelles, qu’Arte a récemment diffusée et qui sort en DVD, a été intégralement tournée en Suède, avec un casting britannique. L’acteur shakespearien Kenneth Branagh incarne l’énigmatique inspecteur Kurt Wallander, fort comme un Viking dans son travail d’enquêteur criminel, paumé comme Hamlet sur le plan personnel.
Teaser : En contre-plongée, avec un effet de flou sur les côtés façon verre dépoli, des images ultra précises de plantes d’un jaune soutenu sur fond de ciel bleu azur fluorescent. Un jerrican à la main, une jolie et toute jeune femme en robe erre dans un champ de colza. Cut.
Un break Volvo fonce dans la campagne et s’arrête devant une ferme en bordure du champ de colza. L’inspecteur Wallander descend de la Volvo : en costume et chemise ouverte, cheveux hirsutes grisonnants, mal rasé, c’est Kenneth Branagh. Un fermier l’accueille et lui tend une paire de jumelles pour lui montrer la jeune femme dans le champ de colza.
Wallander rejoint la jeune femme. Pour la rassurer, il s’annonce comme faisant partie de la police et exhibe sa plaque. Aussitôt, la jeune femme panique. Il s’approche, elle se déverse le contenu du jerrican sur la tête. Il comprend et court vers elle. Trop tard : la jeune femme allume un briquet et s’immole par le feu. Gros plan sur un rideau de flammes et un Wallander éberlué. Cut.
Générique : sur un fond jaune bouton d’or se forment peu à peu les lettres du mot « Wallander », tandis que la chanteuse folk australienne Emily Baker entonne « Nostalgia ». En incrustation sous différents angles : le visage de Kenneth Brannagh en bleu Klein.
Le corps calciné de la jeune femme est placé sur une civière, des pompiers finissent d’éteindre l’incendie. Un homme et une femme rejoignent Wallander. Il explique à ses coéquipiers soucieux que la jeune femme avait peur. « De quoi ? » lui demande t-on. Les yeux rougis, visiblement choqué, Kenneth Branagh renifle, hoquette comme un enfant et articule péniblement : « de moi ».
Ainsi commence « le guerrier solitaire », premier épisode de Wallander : Enquêtes Criminelles. Cinq minutes auront suffi pour donner le ton de la série et du personnage et l’envie d’en savoir plus sur cet inspecteur pas comme les autres.

Pour se reposer, Wallander aime à roupiller chez lui dans un fauteuil muni d’un repose-pied dans un séjour quasi vide, et préfère nettement le whisky ou le vin à l’Aquavit. Brannagh a une gueule fripée d’insomniaque à côté de laquelle le flic qu’Al Pacino jouait dans Insomnia de Christopher Nolan a l’air d’une pub pour l’ecstasy.
Côté vie sociale, Wallander s’est fait larguer par sa femme et se fait materner par leur grande fille d’au moins vingt ans, Linda. Doté d’une mère effacée, il supporte un père patriarche artiste peintre, caractériel et bientôt sénile. S’il n’a pas tué le père, on aurait tort de penser que Wallander est friable comme un Krisprolls. Car côté boulot, il assure.
Wallander bosse à Ystad, petite ville côtière du sud de la Suède, dans un étrange commissariat qui ne ressemble pas à un commissariat : situé en bord de mer, calme, quasi vide. Sa chef et ses trois-quatre collègues récurrents sont à peine présentés : on doit deviner qui est qui et qui fait quoi, on doit comprendre comment ça marche, un peu comme dans la construction de célèbres meubles suédois.

On a vu en préambule du premier épisode que Wallander est sensible. Tel Hamlet, il se demandera à voix haute ce qui cloche dans cette société pour qu’une adolescente s’immole par le feu à l’âge de quinze ans.
Cette violence qu’il ne comprend pas, c’est celle d’une Suède qui a été un modèle de réussite sociale avant de se déliter. Pour autant, Wallander n’hésite pas, et c’est particulièrement visible dans le deuxième épisode, à combattre cette violence avec son cerveau, ses poings et son flingue.

Kenneth Brannagh habite ce Wallander tour à tour neurasthénique et surexcité, et renoue avec la fougue à laquelle il nous a habitués dès le début de sa carrière avec des rôles comme ceux de Henri V ou Hamlet. Cette capacité à incarner les fêlures, la sensibilité et la violence rappelle le Mentaliste incarné par Simon Baker.
La réussite de cette adaptation des romans de Henning Mankell, poids lourd du polar suédois, tient aussi à une photographie lumineuse et une réalisation sobre qui nous montre la Suède, que l’on commence à connaître avec des films comme Millénium.
Comme le dit un personnage dans le premier épisode, avec Wallander, on découvre que la Suède ne se résume effectivement pas à « Bjorn Borg, aux baignades à poil dans les lacs de montagnes et aux concerts d’Abba ».
Ça tombe bien : une deuxième saison, diffusée sur BBC1 en janvier, suit ces trois premiers épisodes, et une troisième est actuellement en production. Comme Brannagh va bientôt réaliser l’adaptation au cinéma du comics Thor, dieu du tonnerre et super-héros, préparez-vous à apprendre la devise de la Suède : « För Sverige i tiden ! » (Suède toujours !).
BONUS ET DETAILS DVD
1. D’où vient Wallander
2. Le personnage de Wallander
3. L’univers visuel de Wallander
4. Dialogue entre Kenneth Branagh et Henning Mankell
Quatre bonus viennent compléter les trois épisodes de la série. On y apprend comment la série a été fabriquée, notamment par l'utilisation de la caméra Red One, à la réputation grandissante.
On y découvre aussi les détails de la création du personnage de Wallander et l'évolution de la société suédoise depuis les années 50-60 vue par Henning Mankell. Un entretien entre le romancier et Kenneth Brannagh permet de comprendre comment Henning Mankell vit la notoriété que lui a apporté le succès de ses romans publiés dans les années 90, lui qui est à la fois une star en Suède et un amoureux de l'Afrique où il a vécu pendant plusieurs années et avec laquelle il continue d'avoir des liens très forts.
Sortie en DVD le : 17 mars
Le Guerrier Solitaire et Les Morts de la Saint-Jean
Scénario : Richard Cottan
Réalisation : Phillip Martin
Directeur de la photographie : Antony Dod Mantle
La Muraille Invisible
Scénario : Richard Mc Brian & Richard Cottan
Réalisation : Niall Mac Cormick
Directeur de la photographie : Jan Jonaeus
D’après une adaptation des romans éponymes de Henning Mankell
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