écrit le 26/03/2010 à 09:00
par Christelle Dupays

TF1 - La Loi selon Bartoli : Adoptée !

Après délibération du jury, la nouvelle série de TF1, diffusée hier, jeudi 24 avril, passe le test du pilote haut la main. Grâce surtout à un Stéphane Freiss jubilatoire en juge d’instruction flirtant avec les limites. Un vrai one man show pour assurer la défense d’un personnage sympathiquement désagréable...

Disons le tout de suite, les intrigues développées dans La loi selon Bartoli n’ont finalement que (trop ?) peu d’importance. Ce qui compte c’est l’art et « les manières » qu’a le juge Bartoli de les résoudre, ces vieilles histoires oubliées qu’il exhume des dossiers poussiéreux enterrés dans le greffe du tribunal d’Aix-en-Provence où il vient d’être muté.

Article 1 : Le juge décide lui-même qu’il a tous les droits

Si dans les premières minutes on peut se demander si le scénariste Hervé Korian n’a pas un peu trop abusé des prescriptions loufoques et cyniques du Docteur House, l’effet se dissipe vite. Indéniablement, Stéphane Freiss, qui incarne Paul Bartoli, a quelque chose d’Hugh Laurie dans le regard, la démarche, la maladresse. Mais la comparaison s’arrête là. Si le personnage de Bartoli est adepte de la mauvaise foi et qu’il développe lui aussi un goût prononcé pour le décolleté de ses collaboratrices, il avance avant tout par bienveillance. 


Alors oui, si pour inculper l’assassin d’une jeune fille, il doit faire chanter un peu ses collègues, les mener à la baguette, ou les faire tourner en bourrique, il n’hésite pas une seconde. D’ailleurs, il l’assume dès les premières minutes de l’épisode : « Quand j’étais petit je voulais être flic. Et puis un jour je suis tombé sur un Que Sais-Je et j’ai découvert que le juge avait les flics sous ses ordres. Et j’adore ça avoir les flics sous mes ordres ! » Autant dire qu’il ne ménage pas son équipe. Mais toujours avec le sourire. Bartoli est chiant, il le sait, et c’est ce qui fait son charme !


Article 2 : Tu pousses le bouchon un peu loin Maurice

Bartoli est doué, et ça aussi il le sait. Il est même parfois un peu trop fort pour nous, simples spectateurs qui avons bien du mal à suivre sa logique tordue. Heureusement, son humour nous permet de nous rattraper aux branches. Et quand parfois on décroche des grandes théories énoncées, on s’accroche au sourire capricio-malicieux du beau juge.

Car pour Stéphane Freiss, le rôle de Bartoli semble bien être du velours cousu de fil d’or. Le costume lui colle parfaitement à la peau. Si bien que, quand il convoque des prévenus, on a parfois plus l’impression d’assister à un one-man show qu’à une véritable confrontation. On se demanderait presque à quel moment les inculpés vont l’applaudir de tomber aussi juste, alors qu’il détient si peu de preuves !

D’autant que pour appuyer son numéro d’illusionniste, les dialogues d’Hervé Korian sont vraiment bien troussés. (Quoi qu'un peu bavards).
 Et frustrant là encore pour nous derrière notre écran, qui aurions aimé être un peu plus associés à la progression de l’enquête. Histoire de ne pas nous sentir totalement largués face aux éclairs de génie du juge, qui tiennent parfois plus du Mentalist, d’un magicien, voir même de Jeanne d’Arc, que d’un simple juge, tant sa capacité à associer le moindre indice semble lui être tombée tout droit du ciel !

Article 3 : Le juge sait s’entourer

Au-delà du traitement un peu léger de la trame policière, entraînant un rythme parfois inégal, La loi selon Bartoli propose une vraie galerie de personnages traités tout en délicatesse. De Nadia, l’intérimaire candide et têtue qui n’a pas sa langue dans sa poche, à Carole la greffière amoureuse transie, en passant par Olmeta, vieux flic bourru, le juge Bartoli est bien entouré.

Et bien filmé. Avec notamment une lumière travaillée, présente, qui effleure les visages, les souligne. Et une musique ambiante jazzy qui vient marquer le rythme. La réalisation de Laurence Katrian apporte une vraie couleur à la série. Une touche classique et classieuse.

Quant au héros, finalement, derrière sa carapace de râleur, il se dévoile peu. Tout juste apprend- t’on qu’il en est à moins 53 points sur son permis de conduire, qu'il habite à l’hôtel, est un enfant de la DASS, et qu’il est poursuivi par une mystérieuse inconnue.

Des pistes lancées un peu comme des bouées à la mer, dont on se demande ce que les scénaristes vont pouvoir faire dans les épisodes à venir. Et surtout vers quel ton la série va se diriger. Car si l’humour totalement assumé est vraiment séduisant, la noirceur, à peine effleurée, pourrait s’avérer attirante...

Jugement dernier

Il n’est pas besoin de dresser un procès plus long à La loi selon Bartoli. Le pilote est de loin la plus belle des promesses que TF1 ait mis à l’antenne cette année. Il faut dire aussi qu’après la désastreuse tentative de Services Sacrés, ne restait qu’Affaires Etrangères pour lui faire de l’ombre.
Ce ne sera pas le cas. La loi selon Bartoli possède ce petit plus qui, au-delà des quelques défauts du scénario, donne envie au spectateur de revenir. Un petit je-ne-sais-quoi qui se prénomme Paul Bartoli. Ambivalent personnage dont on a envie d’explorer les failles et dont le dossier ne devrait pas, loin de là, retomber dans l’oubli.

 

La loi selon Bartoli

Scénario : Hervé Korian

Réalisation : Laurence Kaprian

Comédiens : Stéphane Freiss, Alexia Barlier, Philippe Bas, Lionel Astier et Sophie Le Tellier.


TAGS : FREISS , BARTOLI , JUGE
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