écrit le 02/04/2010 à 10:00
par Emmanuelle Sardou

HUMEUR - Appel à projets : on efface tout et on recommence?

L’USPA aurait écrit à Vincent Meslet pour tenter d’améliorer l’appel à projets, qui, il est vrai, comportait quelques passages qui ont fait rire (très jaune) pas mal d’auteurs et de producteurs - à se demander si FTV a relu sa copie avant de l'envoyer... 

De l'incongru...

Demander par exemple un document de 20 pages maximum pour les comédies 12x26,’ comportant le concept, les pitchs et un épisode dialogué relève de la mission impossible, à moins d’écrire en courrier 8, interligne 0,5. Il aurait suffi de jeter un coup d'oeil sur le scénario d'un épisode de Plus Belle La Vie pour voir qu'un 26 minutes, ça fait plus ou moins 26 pages. Les représentants de l’USPA ne manqueront certainement pas de rappeler cette évidence.

D’après ce que nous avons pu glaner auprès des uns et des autres, et plus sérieusement, l’USPA fait un ensemble de propositions frappées au coin du bon sens : tout d’abord, donner un délai supplémentaire (Août ou Septembre) pour déposer les projets de polar 52'. Et si on joue véritablement le jeu du flux tendu, tourner rapidement les 5 pilotes choisis, tout en faisant travailler les auteurs sur la suite et décider en fonction des résultats (on ne parle pas seulement de l’audience, mais aussi de la qualité du programme).

... à l'inefficace

Et puis que deviennent les projets similaires présentés à la chaîne les semaines ou les mois précédents ? Imaginez la tête de l'auteur et du producteur qui viennent de déposer un concept de polar ou de comédie et qui réalisent qu'ils risquent de se faire doubler par un projet équivalent au leur, mais déposé, lui, dans le cadre de l'appel à projets ? Un appel à projets efficace devrait concerner seulement des concepts que la chaîne n'a pas (sur ses tablettes, dans ses tiroirs, dans sa cave), ou qu'elle n'a pas trouvé (par exemple, tiens, au hasard, au fonds d'innovation du CNC), ou dont elle n'avait pas jusque là exprimé le désir... Non ? 

La cerise sur le sundae, qui provoque chez tout un chacun une espèce de fou-rire désespéré, c'est le refus du feuilletonnant au prétexte que ce serait plus compliqué à cross-boarder que des épisodes bouclés. Mais restons charitables... 

Donc la semaine a été intense en échanges et coups de téléphones. Les scénaristes appellent les producteurs qui appellent les conseillers de programmes. Les errements et  l’approximation de cet appel à projets inquiètent, agacent, exaspèrent, les langues se délient : « c'est fait pour les grosses structures qui ont beaucoup de compte de soutien au CNC», « c’est une déclaration de guerre aux petits producteurs indépendants ». Nous avons tout entendu et tout particulièrement beaucoup de « moi j’irai pas. », jusqu’à « on n’a pas l’impression d’être en face de professionnels ». Dans la consternation ambiante, c'est vrai que ça ne donne pas tout à fait envie "d’y aller".

Le MIP TV, c’est dans moins de 15 jours, et il paraît que le ministre de la culture va annoncer le nom du successeur de Patrick de Carolis, avec lequel il va travailler jusqu'en septembre pour assurer une passation douce du pouvoir.  

Une proposition au successeur: on efface tout et on recommence ? Et puis aussi : on prend des gens qui savent lire, faire confiance, prendre des risques ? Des professionnels quoi, pour faire de la belle et bonne fiction ? 


partenaires

Contactez-nous
Copyright 2009-2010 - Tous droits réservés