Crédits : University of Hull



écrit le 28/06/2010 à 10:00
par Bernard Besserglik

DISPARITION - Alan Plater, a very british screenwriter

Le scénariste britannique Alan Plater vient de mourir à l'âge de 75 ans, mettant fin à une carrière de plus de 50 ans au cours de laquelle il a accumulé quelque 300 crédits, tous genres (télévision, cinéma, théâtre, radio) confondus. Son dernier téléfilm, Joe Maddison's War, est actuellement en post-production. Ancien président de la Writers Guild of Great Britain, Plater faisait partie de cette génération de scénaristes, originaires pour la plupart du nord de l'Angleterre, à qui on doit l'âge d'or de la fiction britannique entre 1965 et 1995 - Alan Bennett, Dennis Potter, Jack Rosenthal, David Mercer et Alan Bleasdale. 

 

 

 

 

 

La signature Plater était une garantie de qualité, empreinte d'humour et de chaleur. Fin connaisseur de jazz, il s'est fait plaisir et un nom auprès du grand public en créant The Beiderbecke Tapes (1985) et ses suites The Beiderbecke Connection (1987) et The Beiderbecke Affair (1988), mais il est surtout connu par son adaptation de la "trilogie balkanique" d'Olivia Manning, The Fortunes of War (1987), une mini-série avec Kenneth Branagh et Emma Thompson, et la mini-série A Very British Coup (1988), sur un premier ministre socialiste qui ose tenir tête à la Maison Blanche (diffusée en France sous le titre contre-factuel Le Putsch de Harry Perkins). 

Né à Jarrow, dans le nord-est de l'Angleterre, Plater s'est installé très jeune à Hull, dans le Yorkshire, qui est devenu sa base créative, surtout pour sa carrière d'auteur de théâtre. Sa pièce la plus réussie était Close the Coalhouse Door (1968), une fresque de la vie des mineurs de Durham; comme la plupart de ses pièces de théâtre, elle a connu un succès retentissant en région, et fait un bide à Londres.
La musique était un thème et un élément récurrent dans l'oeuvre de Plater, et après son déménagement à Londres en 1984 il a quasiment élu domicile au Ronnie Scott's jazz club, en plein Soho. Il s'est méfié comme de la peste de toutes les grandes théories sur l'écriture de scénarios. Ses idées, il aimait les chercher au pub, en écoutant la conversation autour de lui. "J'ai mes défauts," disait-il, "mais au moins je ne m'empêtre pas dans des histoires d'arcs narratifs et de paradigmes. Pour ce qui de la structure dramatique, je m'inspire de la version 1940 de Harlem Air Shaft jouée par Duke Ellington; elle contient tout ce qu'il faut savoir sur la structure dramatique, à condition de pouvoir l'entendre."


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