écrit le 30/07/2010 à 01:00
par Caroline Pochon

TÉLÉVISION - Colère de Jean-Pierre Mocky

Du vrai Mocky à la télévision, tout le monde en a voulu, puisque le film « Colère » a fait 3 millions d’auditeurs en prime time le 16 juillet dernier sur France 2. Ce n’est pas tout les jours que l’on se paie une bonne petite comédie policière ! Et alors, du pur Mocky, avec dialogues cyniques, situations grotesques et drôles, un casting d’enfer, une histoire qui touche tout le monde par ces temps de crise, et un portrait de la petite ville de province à faire pâlir d’envie Claude Chabrol !

Alors voilà : la peitte ville de Carzac est bien tranquille… le curé (Robin Renucci) couche avec sa bonne (Christiana Réali), ce qui ne l’empêche pas de séduire la sœur de cette dernière (Patricia Barzik). Mais la ville est sinistrée : l’usine brûle, faisant des morts et de nombreux blessés. Les victimes s’organisent et attendent les indemnités. Mais les pouvoirs publics, les propriétaires de l’usine et les assurances – la bourgeoisie - font traîner le dossier…

C’est le curé qui mène l’enquête, rondement et joyeusement, avec l’aide de Mathieu Demy en fils de prolo en colère. Le clan des escrocs en col blanc n’est pas mal non plus : le jeu est mené par la virile Michèle Bernier (Gina Esteban) dont le curé dira qu’un homme qui la violerait serait gravement malade. Philippe Chevalier, en notaire, absolument visqueux, couche avec sa mère. La scène où on les voit se mettre au lit est tout aussi réjouissante que les scènes de ménage entre le curé et sa « pute », comme on dit dans le village. On retrouve aussi Dominique Pinon, qui campe leur homme de main, loser vivant dans une cabane avec un travello. Rufus, en expert véreux vient compléter cette galerie de portraits réjouissante.

Un bon moment, un bon Mocky, toujours loufoque, juste et audacieux, « même à la télévision ». Un art de la comédie policière auquel on aimerait voir s’essayer les chaînes de télévision plus souvent. Ici, les gendarmes sont débiles, les flics absents et inadéquats, personne n’est vraiment à sa place et pourtant, on s’y retrouve car c’est aussi cela, notre tradition française de film policier.


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