Ex: France Télévisions | Guilde | Cannes | Formation
CINÉMA - All the Boys Love Mandy Lane
Inédit en salle en France, All The Boys love Mandy Lane, est un premier film (indépendant) réalisé par un jeune réalisateur américain: Jonathan Levine qu'on a pu voir à l'oeuvre par la suite avec The Wackness, sorti en france en 2008 et prix du public à Sundance.
All the boys love Mandy Lane, qu’est-ce ? Un film. Oui, un film pour ados sans en être un. Je m’explique… Point de départ ridicule car usé jusqu’à la corde : une bande de jeunes part un week-end dans une maison isolée. Une fois sur place, ils doivent faire face à un tueur qui les élimine les uns après les autres. Ca ne vous rappelle rien ? Non, pas Wall-E… Mais les teen-movies type Souviens-toi l’été dernier, oui. Bizarre, ce sont toujours de beaux et riches jeunes gens qui se font attaquer dans ces films… Pourquoi le « crimier » ne prend-il pas pour proies deux retraitées solitaires ?! Parce-qu’on n’aurait plus l’occasion de montrer d’attirantes demoiselles en bikini, tout simplement.
" />
J’ai coutume de dire qu’il vaut mieux construire un film classique sur le fond et original sur la forme, c’est moins casse-gueule. Voilà le précepte qu’a adopté Jonathan Levine, réalisateur débutant choisi pour donner vie au script écrit par Jacob Forman (ancien de l’American Film Institute, tout comme lui). Car l’histoire est peu originale mais les images tournées au fin fond de la brousse texane sont superbes. A ce niveau là, on prend une claque avec des effets visuels à foison et une photographie si spéciale. De nombreuses scènes se déroulent dans l’obscurité, néanmoins, les couleurs vives ressortent particulièrement, comme ce rouge sur la pochette du DVD. On devine un Levine influencé par un Tarantino kill-billien. Genre, la chanson improbable du générique de fin, Sealed With a Kiss de Bobby Vinton, qui démarre alors qu’une innommable boucherie vient d’avoir lieu…
Soyons francs, le tueur, après 20 minutes, tout le monde a compris qui c’est : la grosse victime, le pote de Mandy. Les personnages sont des clichés ambulants, c’est vrai, mais n’est-ce pas souvent ce que l’on est à l’adolescence ? Que l’on s’amuse à s’habiller en 50 Cent même si l’on est roux et chétif, que l’on joue au bourreau des cœurs, ou bien que l’on mette des épingles à nourrice sur son sac à dos Eastpak et qu’on y écrive au typex « Korn – Slipknot – Green Day – Foo Fighters »… Ici, on a la blonde dévergondée, le noir, le beau gosse à chemise ouverte, le fumeur de pet’, et la brune naïve qui se fait trucider la première. Sans oublier le fermier repris de justice qui prend une voix sur-grave pour mettre en garde les petits jeunes des dangers de la campagne. Souci récurrent dans les films étatsuniens : les teenagers ne sont pas crédibles puisque joués par des trentenaires. Ou alors, ils prennent des hormones avec leur beurre cacahuète, mais il y a un truc… La fameuse Mandy est un cliché elle aussi. Celui de la fille sublime et timide qui a le monde à ses pieds. Nadia dans Titeuf, mais en blonde et désaxée. Les garçons bavent sur elle, les filles l’amènent pour se faire bien voir d’eux… Même les meufs aiment Mandy Lane, du coup.
On laisse des blancs dans les phrases et on regarde au loin pour faire mystérieux…
Sans grands frémissement, on les regarde tous se faire buter jusqu’à un twist final extrêmement bien senti qui prend tout le monde a contre-pied et sauve le film. Cette fois, je ne dévoile rien, voyez le. Voilà une œuvre connotée ados mais qui s’avère au final être plus que cela. Le message renvoie plus du côté de Bowling For Columbine de Michael Moore que de Scream. Le pop-corn est accompagné d’une critique de la jeunesse américaine, abrutie par les modes de consommation de masse. Une jeunesse qui ne réalise plus toujours la barbarie et la gravité de ses actes.
" />
D’une durée idéale pour ce genre (moins d’une heure trente), All the boys love Mandy Lane est un joli film à petit budget (500 000 dollars soit 450 000 euros, soit 2 900 000 francs, soit 290 000 000 anciens francs pour les plus âgés). Sorti il y a quatre ans aux USA, il arrive heureusement enfin chez nous en DVD et Blu-Ray grâce à Wild Side ce 4 août 2010.
Côté son, c’est bien sur le papier (anglais 5.1 Dolby Digital, français 5.1 DTS et 2.0 Dolby Digital) mais pas sur le terrain (comme l’Equipe de France de foot) : la VF est mal foutue, les musiques « crachent » alors que les voix des persos sont inaudibles. Assez insupportable… On est obligé de jongler avec la télécommande – alors que la VO est normale de ce point vue là. La bande originale, elle, est excellente, folk et pop indé se marient pour rajouter à l’ambiance à la fois ensoleillée et inquiétante de ce film remarqué lors du festival de Sundance.
L’éditeur fournit des bonus peu nombreux mais intéressants. Un entretien avec un réalisateur qui ressemble étrangement aux étudiants-vendeurs qu’il y a l’été chez Darty quand les titulaires sont en vacances. Un autre (de 28 minutes) avec Amber Heard, la comédienne qui joue Mandy Lane. Vous les avez peut-être vus, elle et son physique de déesse norvégienne dans Bienvenue à Zombieland ou Délire Express. On la découvre minaudante mais drôle et passionnée de cinéma. Elle y explique notamment pourquoi elle a rendu son personnage attachant et terrifiant. Une jeune femme aux faux-airs de Scarlett Johansson qui a passé son bac par correspondance car elle ne se sentait pas à sa place au lycée (tiens, tiens…). Naïve et idéaliste, elle veut changer le monde et les mentalités grâce à ses films. Le cynisme viendra avec l’âge, Amber…
All The Boys Love Mandy Lane (VOST)
Contactez-nous
Copyright 2009-2010 - Tous droits réservés